21 mai 2021 – il y a 80 ans les premiers convois de déportés
Cérémonie en effectif restreint du 21 mai 2021 à la gare de Rothau
Gerbe commune aux amicales nationales et au CERD avec la mention « À la mémoire de tous les déportés » en italien, français, luxembourgeois, néerlandais et norvégien – DR
Les tout premiers déportés du KL Natzweiler sont arrivés en gare de Rothau par les convois des 21 et 23 mai 1941, en provenance du KL Sachsenhausen.
Ces 300 hommes étaient majoritairement allemands, dont un ressortissant de l’Autriche absorbée par le Reich en 1938. On dénombrait également une dizaine de Polonais. Parmi tous ces déportés, un peu plus de la moitié étaient des « droit commun », suivis en nombre par des « politiques », opposants du régime nazi, d’autres encore étaient estampillés « asociaux ». Un quart de l’effectif était en outre composé d’individus accusés d’homosexualité.
D’abord regroupés autour de l’auberge réquisitionnée du Struthof, ce sont eux qui commencèrent les travaux d’essartage et de terrassement sur ce qui allait devenir l’enceinte carcérale du camp principal.
Étaient présents à cette cérémonie MM. les maires de Rothau et Natzwiller ; M. Notter de la Sous-préfecture de Molsheim ; des représentants du corps diplomatique ; des Ambassadeurs de la mémoire ainsi qu’un jeune Allemand accomplissant son service civique au CERD ; M. d’Andlau, Directeur du CERD, et M. Schwab, Président de l’Amicale. La cérémonie était encadrée par le personnel du CERD.
Le rappel historique par Guillaume d’Andlau fut suivi par la lecture en allemand du témoignage de Willy Behnke (matricule no. 6), arrivé dans le premier convoi, devenu ultérieurement Lagerältester (doyen des déportés), l’un des rares déportés à avoir connu le site du Struthof de ses débuts jusqu’à l’évacuation massive vers Dachau début septembre 1944. Également lu, un extrait du témoignage de Roger Boulanger (matricule 6215), membre de notre Amicale, dans lequel il évoque son arrivée en gare de Rothau, puis la montée vers le camp. (Ce témoignage, doté de commentaires historiques et contextuels, sera prochainement republié par nos soins.)
La cérémonie s’est achevée par un dépôt de gerbes effectué par l’Amicale et le CERD, associant toutes les amicales nationales composant le Comité international de Natzweiler (CIN) ; par les représentations diplomatiques allemande, autrichienne et polonaise et par la Sous-préfecture de Molsheim.
Gerbes déposées sous la plaque rappelant les déportés passés par la gare de Rothau – DR

Le documentaire court « Colette », consacré à Colette Marin-Catherine, une femme de 92 ans qui fut membre de la Résistance sous l’Occupation nazie, a obtenu l’Oscar dans sa catégorie. Le film retrace comment en 2018, la nonagénaire caennaise est partie sur les traces de son frère décédé à Dora le 22 mars 1945.


Gagnant dans la catégorie Meilleur court métrage documentaire, ce film réalisé par Anthony Giacchino et produit par Alice Doyard est une histoire forte autour de la perte, de la transmission et de la mémoire. À découvrir absolument.

Court métrage documentaire de vingt-cinq minutes, Colette est un film précieux et poignant d’Anthony Giacchino. L’histoire d’une transmission intergénérationnelle entre Colette, ancienne résistante nonagénaire, et Lucie, 17 ans, aspirante historienne et passionnée par la Seconde Guerre mondiale. Entre les deux femmes, une affection grandit. Elle leur permet d’affronter ensemble un pèlerinage au camp de concentration de Dora, en Allemagne. C’est là que Jean-Pierre, le frère aîné de Colette, ancien résistant lui aussi, est mort d’épuisement à 19 ans, le 22 mars 1945.

Colette fait partie de celles qu’on voudrait retenir. Encore un peu, encore longtemps. Cette vieille dame élégante à la mise impeccable n’a pourtant rien d’un fragile et vénérable vestige. Drôle, stoïque, franche, elle n’est pas non plus du genre à prêcher la révérence aux anciens. Et gare à vous si vous la traitez d’héroïne ! Mais Colette a vécu ce que très peu peuvent encore aujourd’hui raconter. L’Occupation allemande, la Résistance. Des années noires qu’elle sait transmettre avec ce qu’il faut de franc-parler et de révolte, d’intransigeance et d’humour.


Lien  vers le documentaire : 

https://www.youtube.com/watch?v=J7uBf1gD6JY

https://www.facebook.com/LeMemorialDeCaen